Try it, buddy, and I’ll cut your dick off

Encore un film qui sent la naphtaline avec Poison Ivy (qui n’a rien à voir avec la méchante dans Batman) sorti en 1992.

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Ça raconte l’histoire de Sylvie Cooper, dit Coop, bonne élève féministe férue de poésie et probablement lesbienne et de comment sa vie est doucement devenue un enfer quand elle a rencontré Ivy (Drew Barrymore, absolument sublime). Ivy est outrageusement sexy, très libre, très manipulatrice, avec de très grosses daddy issues et elle aimerait bien vivre une vie dorée. Elles se rencontrent dans l’école privé qu’elles fréquentent toutes les deux, Sylvie parce que son père est riche, Ivy parce qu’elle a une bourse d’étude. Le film ouvre sur un monologue de Sylvie qui observe Ivy perchée sur une balancelle, quand tout à coup quelqu’un vient les chercher parce qu’un pauvre chien vient de se faire renverser par une voiture. L’animal saigne sur le bord de la route et pendant que Sylvie vérifie les blessures, Ivy l’achève avec un tuyau. Ça donne immédiatement le ton du personnage.

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Les filles vont devenir amies et Coop aveuglée par son admiration pour sa nouvelle copine, ne va pas se rendre compte ou ne voudra pas voir l’emprise qu’elle a sur elle. La charmante blonde va s’immiscer dans sa famille, séduire ses parents au point d’évincer salement sa mère (constamment malade et suicidaire) auprès du père dans le but d’avoir une aventure avec lui et d’obtenir tout ce qu’elle désire. La suite est téléphonée et prévisible, psycho-killer classique. Ça ne mérite pas vraiment une analyse approfondie.

J’ai aimé : Drew Barrymore, les années 90 (oui, encore)

Je n’ai pas aimé : Le film a mal vieillit, et il est long

* Pendant tout le film j’ai pensé à Antéchrista d’Amélie Nothomb (même si le livre est sorti quelques 10 ans plus tard), c’est la même thématique sauf que dans le livre ça se termine relativement bien.

playlist du moment

1. Four Star Mary - Pain
2. The Smiths - How Soon is now ?
3. Dashboard Prophets - Ballad for Dead Friends
4. Blur - Song 2
5. Lenny Kravitz - Fly Away
6. The Chemical Brothers - Block Rockin’ Beats
7. REM - Shiny Happy People
8. Radiohead - Talk Show Host
9. Sixpence None The Richer - Kiss Me
10. Nada Surf - Popular

Tu la sens bien ma monomanie ? La playlist s’écoute ici.

He’s so cheesy I can’t watch him without crackers

Reality Bites (Génération 90 en VF) met en scène une bande d’amis venant d’obtenir leurs diplômes de fin d’étude et montre leur pénible transition vers l’age adulte. Peut-on garder ses convictions et ses rêves quand on les confronte à la réalité ? Peut-on trouver sa place dans la société sans pour autant devenir ses parents ? Sacrifier ses ambitions et mettre son orgueil dans sa poche juste pour obtenir un travail alimentaire, accepter qu’on ne sera peut être pas tout ce qu’on aurait voulu être, et être heureux quand même ? Le film est bien rythmé, et ponctué de phrases nihilistes aux relents grunge de cette époque.

Lelaina (Winona Ryder) décide de faire une documentaire sur ses amis, pour parler des luttes de leur génération (l’éducation, l’homosexualité, le sida, l’amour), et elle papillonne entre Troy (Ethan Hawke avec un bouc) brillant branleur romantique et chanteur dans un groupe de rock, qu’on sait rapidement amoureux d’elle et Michael (Ben Stiller sérieux) qui travaille pour la télévision sur des programmes un peu débiles.

Vais-je utiliser une expression aussi éculée que “film générationnel”, j’en ai peur. Ce n’est pas un chef d’œuvre, et ça n’apporte pas grand chose à l’édifice de la recherche de soi, mais ça reste divertissant. On sait d’avance que la jolie fille va aller avec le romantique torturé, que les amitiés brisées se reformeront, et que le film se terminera sur une note positive.

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J’ai aimé : l’ambiance du film parce que je suis de la génération 90 (j’ai -50 en objectivité, donc), Winona forever, Ben Stiller dans un rôle sérieux et dans lequel il n’en fait pas des tonnes, la musique, des personnages attachants

J’ai pas aimé : Ethan Hawke avec un bouc, Ethan Hawke qui chante, le passage sur l’homosexualité (bien que court) reste quand même assez caricatural

Fuck me gently with a chainsaw

Heathers est une comédie sombre réalisée par Michael Lehmann et sortie dans l’hexagone en 1989 (sous le nom “Fatal Games”, ne cherchez pas de rapport…)

Il y est question de trois filles répondant au prénom d’Heather, très populaires et capable de toutes les bassesses pour garder cette popularité. Le trio est rejoint par Veronica (Winona Ryder) qui les aide à humilier leurs petits camarades mais qui commence à en avoir marre de servir ces peaux de vache. Elle tombe sous le charme d’un bad boy nihiliste du nom de JD (Christian Slater), qui vient d’emménager. Ce dernier décide de l’aider à se débarrasser de la tête pensante des Heathers, de façon radicale (mettre en scène son suicide)

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C’est un teen-movie un peu différent des autres, plus sur le fond que sur la forme. On retrouve évidement les archétypes du genre, comme des jocks, les cheerleaders, et les nerds, mais d’autres codes changent et le ton est très acide. La romance, bien que primordiale, n’est pas au centre de l’intrigue (ils consomment leur amour vite fait dans un buisson, et on passe à autre chose) et l’histoire se concentre sur la lute de pouvoirs et d’influence dans le système scolaire avec beaucoup de cynisme.

Si on veut être mauvaise langue : un film avec Shanon Doherty, Christian Slater ET Winona Ryder, on pourrait penser que ça fait casting maudit, mais le pire reste la jeune Kim Walker qui prononce la phrase “Did you get a brain tumor for breakfast ?" pour mourir treize ans plus tard d’une tumeur au cerveau.

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J’ai aimé : l’esthétique globale, le joli minois de Winona, la phrase “Fuck me gently with a chainsaw”, le fait que la romance ne soit pas la pierre angulaire du film et également le manque de morale à deux balles ou de leçon sur le pouvoir de l’amitié

Je n’ai pas aimé : le film a quand même mal vieillit, la musique est atroce